Au collège, avec les EPI, on apprend en réalisant des projets - 2016/2017 (logo) Au collège, avec les EPI, on apprend en réalisant des projets - 2016/2017

Les Enseignements pratiques interdisciplinaires sont l’une des mesures phares de la réforme du collège. C’est une façon différente de faire cours. Ils associent au moins deux enseignants. Et ils privilégient la réalisation d’actions concrètes. A la Fontaine-Margot (ex Keranroux), des élèves et des enseignants en sont satisfaits.

Reportage

Il roule ! Et ils en sont fiers, ces trois collégiens de la Fontaine-Margot, à Brest ! Six mois qu’ils réalisent leur robot nettoyeur, de A à Z, y compris la carte électronique. C’est le dernier jour pour l’Epi « Sciences, technologie et société ». Mission accomplie.

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En éducation prioritaire, avec les epi les élèves apprennent en realisant des projets

Ah, les fameux EPI. Enseignements pratiques interdisciplinaires. L’un des aspects les plus innovants de la réforme. « Des nouvelles façons d’apprendre et de travailler les contenus des programmes »,selon l’Éducation nationale. Est-ce bien le cas ?

« On fait ! »

Depuis septembre, les EPI concernent tous les collégiens, sauf les 6e. À la Fontaine-Margot, c’est deux heures par semaine. Un temps pris sur les cours traditionnels. Ils entrent dans le cadre de huit sujets listés nationalement (ex : « langues et cultures de l’antiquité ») et s’organisent par semestre. Il y a donc deux EPI différents par an.

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Des élèves qui se préparent aux études supérieures

« Ce n’est pas un cours classique avec une leçon, puis des exercices, et un devoir final où l’on récite. Là, c’est pratique. On apprend… et on fait ! » souligne Gaëtan Michelier, en 3e. « On ne reste pas assis derrière un bureau, à écouter le professeur. On travaille en équipe », remarque Benjamin Peyrle, autre élève.

« Au début, je pensais que ça allait être compliqué. La mécanique, la programmation… Finalement, ça va. C’est progressif », confie Noa Gautier, en 3e. Pour Marie-Anaïs Hili : « On apprend quand même, d’une autre manière. »

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les élèves testent les robots.

Du côté des enseignants, ce n’était pas gagné d’avance. Samuel Schleuniger, professeur de maths, le reconnaît : « Au début, c’est beaucoup de travail. On part dans l’inconnu. » Et puis, finalement… « C’est intéressant. On travaille par projet, ce qu’on ne fait pas ou peu en cours classique. » C’est « stimulant »

Les EPI associent deux disciplines au minimum. C’est l’un des aspects qui a le plus dérangé les enseignants, habitués à enseigner, seuls.

Mais Samuel Schleuniger n’a pas eu trop de soucis à travailler avec des collègues et à décloisonner son cours. « J’anime déjà le club de robotique avec le prof de techno. Et avec le prof de physique, on a réalisé un projet commun. »

Pour Quentin Le Gall, professeur de technologie, c’est « stimulant » de travailler avec d’autres collègues. Il relève que « les élèves ne sont pas perturbés. Ils sont intéressés. Leur problème est de gérer le temps, sur un semestre. Ce n’est pas comme un travail écrit à rendre dans la semaine. » Surtout, « certains élèves, d’habitude en retrait, se révèlent débrouillards ».

Bilan positif donc. À la réserve près qu’il faut « des moyens matériels et humains », insistent les enseignants. Au brevet, les EPI seront évalués au cours d’un oral.

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Une promo prête pour le lycée et les études supérieures .